Une réflexion est actuellement menée au sein de la Classe IMOCA sur la possibilité de ne plus autoriser de nouvelles constructions entre 2028 et 2032.
L’idée peut sembler logique : d’un point de vue environnemental, prolonger la durée de vie des bateaux existants est évidemment préférable à leur remplacement. Un IMOCA représente plusieurs centaines de tonnes de CO₂e lors de sa construction, et favoriser le réemploi, la réparation et l’évolution des bateaux existants va dans le bon sens.
Mais faut-il pour autant arrêter de construire ?
L’impact environnemental global de quelques dizaines d’IMOCA reste relativement faible à l’échelle des grandes activités industrielles. Leur impact médiatique, en revanche, est considérable. Le Vendée Globe touche des millions de personnes et bénéficie d’une exposition médiatique exceptionnelle.
C’est précisément cette capacité d’influence qui devrait être utilisée.
Plutôt que d’accumuler des mesures environnementales parfois très visibles mais d’impact limité, l’IMOCA pourrait aller beaucoup plus loin en faisant de la performance environnementale une véritable règle de conception.
La Classe a déjà engagé cette démarche avec les analyses de cycle de vie et son Eco-Score. Pourquoi ne pas renforcer fortement cette logique ?
L’objectif ne serait plus seulement de construire moins, mais de construire beaucoup mieux : moins de matière, des procédés moins carbonés, des moules réutilisables, ou encore mieux pas de moule, des matériaux à moindre impact, des bateaux plus réparables et capables de rester compétitifs plus longtemps.
L’IMOCA est depuis toujours une classe d’innovation. Les contraintes de la course au large ont permis de faire progresser les structures, les matériaux, l’énergie, les appendices ou encore les systèmes embarqués.
La contrainte environnementale peut devenir, elle aussi, un moteur d’innovation.
Plutôt que d’interdire de construire, imposons aux ingénieurs, architectes et chantiers un défi plus ambitieux :
concevoir des bateaux toujours plus performants, mais avec toujours moins d’impact.
L’IMOCA pourrait alors devenir non seulement un laboratoire de la performance sportive, mais aussi un véritable démonstrateur de l’écoconception pour l’ensemble de la filière nautique.
Aller plus vite, plus longtemps, avec moins d’impact : voilà peut-être le véritable défi pour 2032.


